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Abécédaire des femmes qui m'inspirent : C pour Camille Claudel

  • Writer: Ella
    Ella
  • May 15, 2020
  • 4 min read

Updated: May 22, 2020

Hello ! Troisième article de l’abécédaire de ces femmes qui m’inspirent et aujourd’hui, je vous parle de Camille Claudel !

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Camille Claudel est une sculptrice française qui fut l’élève et l’amante du célèbre sculpteur Auguste Rodin. Née en décembre 1864 à Fère-en-Tardenois dans l’Aisne (un département du nord de la France), elle est l’ainée d’une famille bourgeoise de 3 enfants. Proche de son frère, Paul Claudel, elle entretient une relation très forte avec lui contrairement à ses parents, très strictes. Lorsque sa famille s’installe à Nogent-Sur-Seine, Camille a 12 ans et elle se découvre un réel talent pour la sculpture. Son père demande alors à Alfred Boucher, sculpteur et peintre français, de lui en enseigner les rudiments. Le sculpteur reconnaît les dons de la jeune fille et lui conseille d’aller à Paris pour étudier l’art. Cette rencontre est décisive pour Camille car elle lui insuffle le désir de devenir sculptrice. Cependant la famille de Camille s’y oppose car au XIXème siècle, on attend d’une femme qu’elle se marie et fonde une famille…

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Afin que Paul Claudel puisse poursuivre des études supérieures, la famille Claudel s’installe à Paris et Camille intègre l’académie Colarossi pour suivre des cours de sculpture. Elle a alors 17 ans. Camille Claudel rencontre Rodin pour la première fois en 1883 par l’intermédiaire de Boucher avec qui elle prenait des cours. Une complicité naît immédiatement entre les deux artistes et en 1884, Camille intègre l’atelier de Rodin. Ils deviennent collaborateurs, amis puis amants. Camille devient la muse du sculpteur et l’influence de Camille se retrouve dans plusieurs œuvres de Rodin. Une relation passionnée naît entre les deux artistes malgré leur différence d’âge et le fait que Rodin soit marié à une autre femme. Elle compose pour le sculpteur à plusieurs reprises et l’aide à la réalisation des Portes de l’Enfer, une des œuvres les plus célèbres de Rodin de laquelle il retire toute la gloire.


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Même si elle demeure dans l’ombre d’Auguste Rodin, Camille Claudel se fait peu à peu connaître dans le monde des arts. Elle expose ses œuvres dans plusieurs salons comme le Salon des artistes français où elle expose Giganti ou La Vieille Hélène en terre cuite. En 1886, lors d’un séjour en Angleterre, elle expose aussi à Nottingham Castle le Portrait de Jessie en terre crue. La même année, elle se consacre à la réalisation d’un grand groupe intitulé Sakountala qui obtiendra une mention honorable au Salon des artistes français de 1888. En 1892, elle intègre la Société national des beaux-arts.

Quant à sa relation avec Rodin, elle se dégrade au fil des années. Les œuvres de Camille sont toujours rapprochées de celles de Rodin et on pense même que certaines de ses créations ont été réalisées par le sculpteur. Ainsi, lassée de le voir récolter autant de succès et dans l’optique d’affirmer sa différence artistique l’artiste décide de s’isoler dans son propre appartement qu’elle transforme en atelier. La séparation est difficile pour la sculptrice mais elle est bénéfique pour son art. En effet, elle s’affirme et réalise la plupart des œuvres pour lesquelles elle est connue aujourd’hui comme Clotho en 1893, Les Causeuses en 1894 ou l’Age mur en 1895. Dans sa quête d’indépendance elle rencontrera la comtesse de Maigret qui devient sa principale mécène et elle expose ses créations au Salon de la Société nationale des beaux-arts, au Salon de l’Art Nouveau et à l’Exposition universelle de 1900. Dans ses œuvres, elle s’inspire de sa relation avec Rodin mais aussi de l’art asiatique et du naturalisme. Ses œuvres sont souvent décrites comme autobiographique car elles sont souvent asymétriques et déséquilibrées ce qui illustrent bien le déchirement qui existe en elle.

Cependant, à partir de 1911, son état de santé et son état mental s’aggrave. Abandonnée par Rodin et sa famille et enfermée chez elle, elle souffre de solitude maladive et de névrose obsessionnelle. Elle ira même jusqu’à détruire une partie de ses dernières œuvres. En 1913, à 48 ans, elle est internée en hôpital psychiatrique à la demande de sa mère. Elle ne reçoit de visite de personne et arrête de sculpter. Camille Claudel meurt à l’âge de 78 ans, dans la solitude complète, le 19 octobre 1943. Même si son frère s’y était opposé au début, certaines des œuvres de la sculptrice sont exposées au Musée Rodin. Il faut attendre mars 2017, pour qu’un musée soit ouvert en l’honneur de Camille Claudel, à Nogent-sur-Seine.

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L’histoire de Camille Claudel est tragique mais je tenais quand même à vous la raconter. Elle montre bien qu’en tant que femme il est difficile de se faire une place dans la société et en l’occurrence, dans le monde artistique. Elle était bloquée entre la popularité de son frère poète et l’influence néfaste de son amant alors qu’elle avait autant sinon plus de talent que lui. Étant moi-même une grande fan du travail de Rodin, je ne peux m’empêcher d’être révoltée par tout le succès qu’il a eu quand Camille Claudel n’avait presque rien alors qu’elle a contribué à certaines de ses œuvres. Même si elle a exposé dans quelques salons et a aujourd’hui un musée qui lui est dédié, ce n’est rien en comparaison de la postérité d’Auguste Rodin. Il ne faut pas oublier que le musée Camille Claudel n’a ouvert que très récemment. Pour finir, je dirais que Camille Claudel était une artiste incroyable que j’admire et que l’injustice dont elle a été victime tout au long de sa vie est la raison pour laquelle je me devais de lui dédier un article.

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À bientôt,

Ella !

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